(TW : TS) N°5 - Cette fin d’année.

Je pleure.

La fin d’année approche. Et je me retrouve pour la énième fois à essayer de faire un bilan… Je pense à cette relation de trois ans, à laquelle j’ai mis un terme cette année. Ça devait être un jour inoubliable pour lui. Et au lieu de ça, je lui ai brisé le cœur… Je ne voulais pas. Je voulais sourire, me forcer quelques jours encore. Faire croire que tout allait bien, alors que je ne savais plus où j’en étais… Je me sens encore tellement désolée. Quand je repense à lui, j’ai toujours un pincement au cœur. Parce qu’il était probablement parfait pour moi. Parce que notre couple, bien qu'imparfait, me semblait idéal. Et il ne le sait peut-être pas, mais mon monde s’est effondré très peu de temps après notre séparation. Je suis partie, parce que j’avais peur. Et finalement, j’ai perdu chacun de mes repères, je me suis retrouvée seule.

Pendant, deux mois ou peut-être trois, j’ai été chez des amis. Et j’ai tout gâché. Un soir, mal dans ma peau, j’ai claqué la porte et je suis rentré chez moi. J’avais besoin de me retrouver seule. Puis j’ai fait une rencontre. Il est tombé amoureux de moi. On s’est aimé, je l’ai détesté. On s’est séparé, puis retrouvé. Parfois, j’aimerais comprendre… Pourquoi nous ? Pourquoi moi ?... Notre couple me paraît surréaliste. Bien que je l’aime, il me paraît bancal. Malgré tout, on s’accroche.

Une année difficile, une année où j’ai réalisé que j’étais différente. Que je n’étais pas vraiment Myrtille. Ce prénom qui me suit encore aujourd’hui. Que je me sentais parfois homme, parfois femme. Un fait que beaucoup dans mon entourage refuse encore d’accepter. J’aimerais pouvoir être Charly. J’ai fait mon coming-out, espérant qu’on m’accepte, persuadé que ça passerait. Que de naïveté. Pour l’instant, je ne suis rien…

Je me souviens vaguement de ces larmes qui ont coulées dans le cabinet de ma psy. Ces larmes et ce mal être qui m’ont amené à quatre mois d’hospitalisation. Un mal être tel que j’ai fini par essayer de mettre fin à mes jours. Je n’arriverais jamais à rien. Une pensée redondante qui a eu raison de moi. L’année se finit pas trop mal. Si on oublie qu’en janvier je n’aurais plus de logement… Je vais mieux. Mais est-ce que je vais bien ?... Oui, non, peut-être… Je n’ai jamais eu à fêter Noël seule, avant cette année… J’aurais pu le faire en famille, mais à quel prix. Me retrouver face à ce reflet qui aujourd’hui, ne correspond plus à la personne que je suis. Me faire appeler par un prénom qui malgré tout l’amour que je lui ai porté, me fait détester d’être né dans ce corps. J’ai débuté l’année, en larme pleine de regrets. Elle se finit sur la même pointe de nostalgie. Une année difficile, qui bientôt, touche à sa fin. Malgré tout, plutôt que de me projeter, le passé me hante. Et je ne fais que regretter les années précédentes…

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